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Présentation

Elevé à partir de 1242 en remplacement du chœur roman, le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Tournai s’inscrit résolument dans l’architecture gothique la plus avancée du domaine royal français. Outre un certain nombre de motifs, la verticalité et la sveltesse de la construction, les piliers fasciculés, les organes de contrebutement rejetés vers l’extérieur le montrent bien. Sans participer à la rivalité de la première moitié du 13e siècle de construire la plus haute cathédrale, elle joue néanmoins sur l’extrême légèreté de la construction, que l’on s’efforçait d’atteindre sur d’autres chantiers contemporains. Beauvais est le cas le plus célèbre, mais il n’est pas unique. À Tournai comme ailleurs, d’important travaux de stabilisation furent nécessaires sur ces monuments qui avaient « passé la limite ».
Dans le cas qui nous occupe, les piliers furent renforcés, les voûtes déposées et reconstruites, tandis que le contrebutement dut être entièrement repensé ; la géométrie structurelle en sorti fortement modifiée, mais la spatialité interne fut pour l’essentiel préservée.
Dans le cadre de la préparation de la restauration du chœur, ce dernier fait l’objet de plusieurs études préalables centrées sur sa stabilité devant déboucher, in fine, sur le diagnostic et les propositions nécessaires au projet de restauration. La compréhension de la géométrie originelle du monument et de son évolution parfois brutale sont déterminantes dans ce processus et font l’objet de nombreuses attentions. Les travaux importants exécutés au bas Moyen Âge, puis au 19e siècle sont en cours d’étude, en profitant d’un relevé complet par Scan 3D exécuté par le SPW.
Au-delà de l’analyse « micro-archéologique », l’interprétation de ses résultats et de ceux de l’analyse de stabilité demande une solide contextualisation historique et archéologique.
Le Département du Patrimoine (SPW/DGO4) se propose donc d’organiser début 2017 un colloque sur les problèmes de stabilité des grands édifices gothiques du milieu du 13e siècle et surtout sur les importantes reprises que ceux-ci ont suscitées au bas Moyen Âge sur certains d’entre eux. Il s’agit par là d’essayer d’évaluer les diagnostics qui ont été posés à l’époque, et les solutions qui ont été retenues, et donc d’approcher la pensée technique de l’époque.
Cas envisagés, entre autres : la cathédrale de Beauvais, la collégiale de Saint-Quentin, l’abbatiale Saint-Germain d’Auxerre.