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Localisation

Adresse principale : Rue du Val-Notre-Dame 396, WANZE (Antheit)
Hameau : Val-Notre-Dame

Classement

Tout ou partie de ce bien est classé ou fait partie d'un site classé et fait partie du(des) dossier(s) suivant(s) :

Notice

N°396. Ancienne abbaye cistercienne du Val-Notre-Dame. A la fin du XIIe s., Albert III, comte de Moha fonda, au Val de Rodum, sur la Méhaigne, un monastère, offert successivement aux chanoines augustins de Flône, puis aux cisterciens de Villers (qui creusèrent le bief dérivant la Méhaigne pour alimenter le moulin), avant d'être enfin cédé, en 1209, à une communauté de moniales, qui s'affilia l'année suivante à l'ordre de Cîteaux. Dédié à la Vierge, le monastère prit le nom de Val-Notre-Dame, et fut placé sous l'autorité des abbés de Villers et du Val-Saint-Lambert au Moyen Age puis sous celle de l'abbé d'Aulne, ou de l'abbé de Moulins. Elle relevait, au temporel, du prince-évêque de Liège. Le domaine se constitua surtout dans le courant du XIIIe s. Largement situé en Hesbaye, il assura une grande prospérité à la communauté.
Incendiée à la fin du XVe s., l'église avait aussitôt été relevée. Dans la lre moit. du XVIIe s., sous l'abbatiat de Nicole de Waha (1624-1648), se place une importante campagne de constructions : en subsistent aujourd'hui le porche monumental (1629), qui est aussi l'entrée et le logis de la ferme, le colombier (1633), le cloître (1646) et la maison des hôtes (non datée). Un siècle plus tard, sous l'abbesse Lutgarde de Boileau (1722-1762), les moniales entreprennent la reconstruction ou l'aménagement des bâtiments abbatiaux, quartier de l'abbesse (1741) et aile St-Michel (1751).
La révolution chasse les cisterciennes. En 1797, vendue comme bien national, l'abbaye est achetée par Jean Gosuin, armurier herstalien. L'église est détruite, et l'abbaye transformée en château de plaisance, qui resta occupé par la famille Gosuin jusqu'à la fin du XIXe s. Mis une nouvelle fois en vente en 1901, les bâtiments abbatiaux furent acquis par les Dames de l'Assomption, qui installèrent une école dans les locaux de l'ancienne abbaye. Une chapelle fut reconstruite en 1932-1934, à peu près à l'emplacement de l'église abbatiale. Les bâtiments de la ferme et le moulin furent achetés en 1904 et 1906 par la famille de Géradon.
Bâtiments de l'ancienne abbaye. Au N.-E., le long de la route, ancienne maison des hôtes (1), en maçonnerie de moellons de grès, mêlés d'un peu de calcaire, et ponctué d'ancres à double volute. Mur aveugle à l'extrémité, à l'exception d'une petite porte chaînée, à linteau déprimé et clé et arête creusée en cavet, à l'E., à la jonction avec la ferme. Porte flanquée à dr. d'un jour rect. chaîné, peut-être récent. Portail d'entrée à fronton aménagé au début du XXe s., en style néo-baroque. Ouvertures récentes, pastichant le XVIIe s., à dr. du portail. Vers l'intérieur, façade en briques et calcaire (mil. du XVIIe s.) comprenant au r.d.ch. une colonnade toscane primitivement de dix travées, assise sur un mur-bahut en moyen appareil de calcaire. Colonnettes en calcaire à fût monolithe, et arcades de briques en plein cintre, avec clé de calcaire. Les deuxième et troisième travées réunies en arc surbaissé lors du percement du portail, et le passage encadré de deux paires de colonnettes (trois provenant des arcades originales et une récente). Colonnade fermée à une époque tardive par un mur de briques élevé en retrait. Baies rect. harpées, en matériaux de remploi (?) dans les cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième travées; baie en plein cintre (XIXe ou XXe s.) en première travée; porte à piédroits de briques, sous jour d'imposte à meneau, en dixième travée. A l'étage, dix petites baies rect. à queues de pierre, linteau et appui prolongés en bandeau. Corniche de calcaire en cavet. Bâtière d'ardoises à coyaux.
Le long de l'allée descendant actuellement vers les bâtiments abbatiaux, au N.-O., suite de constructions très remaniées et amplifiées par des bâtisses récentes, mais conservant, sur un soubassement bas à ressaut chanfreiné, une maçonnerie de briques couronnée d'une frise de briques denticulée (XVIIe s.). Bâtière de tuiles mécaniques. Perpendiculaire, vers l'O., aile de deux niveaux (XVIIIe s.), à façade en moellons de calcaire soigneusement assisés et pignon de moellons de grès, avec harpes d'angle. Baies rect. Bâtière d'éternit à croupettes et épis.
A l'O. de l'ensemble, et précédée d'une cour d'honneur animée d'une fontaine et clôturée, à l'E., par des grilles (XIXe s.), remarquable bâtiment en H formant le quartier abbatial (2), réédifié en 1741 sous l'abbatiat de Lutgarde de Boileau en incluant sans doute des parties plus anciennes. Briques badigeonnées et calcaire. Corps principal de trois niveaux de hauteur décroissante, sur neuf travées; les trois travées centrales légèrement saillantes cantonnées de pilastres toscans à refends, et couronnées d'un fronton courbe à rampants convexes, portant au tympan les armes de l'abbesse et le millésime 1741. Fronton initialement cantonné de pots-à-feu, aujourd'hui placés de part et d'autre de la porte donnant sur le jardin (?). Pilastres toscans à refends également aux extrémités de la façade et harpes d'angle à la partie dominant les ailes. Maçonnerie de briques et de calcaire sur soubassement en moyen appareil calcaire. Baies à linteau en tas-de-charge sauf au dern. niveau, où le linteau échancré à clé se place sous la corniche moulurée; piédroits à refends et appuis prolongés en bandeau. Trous de boulin.
Perron évasé de quatre degrés moulurés entre murets d'échiffre, et bordé d'un garde-corps de ferronnerie donnant accès à une superbe porte en plein cintre, dans un encadrement en calcaire mouluré et sculpté, à ébrasement concave. Sous la baie de l'étage, munie d'un balcon, allège sculptée d'un treillis fleuri, avec le monogramme LB, accompagné de la couronne et de la crosse. Menuiserie de qualité, de style rocaille. Au N.-0., sur le jardin, façade plus simple de même rythme et structure. Avant-corps délimité par des harpes d'angle, de même que les parties supérieures du logis, au-dessus remploi (?) dans les cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième travées; baie en plein cintre (XIXe ou XXe s.) en première travée; porte à piédroits de briques, sous jour d'imposte à meneau, en dixième travée. A l'étage, dix petites baies rect. à queues de pierre, linteau et appui prolongés en bandeau. Corniche de calcaire en cavet. Bâtière d'ardoises à coyaux.
Le long de l'allée descendant actuellement vers les bâtiments abbatiaux, au N.-O., suite de constructions très remaniées et amplifiées par des bâtisses récentes, mais conservant, sur un soubassement bas à ressaut chanfreiné, une maçonnerie de briques couronnée d'une frise de briques denticulée (XVIIe s.). Bâtière de tuiles mécaniques. Perpendiculaire, vers l'O., aile de deux niveaux (XVIIIe s.), à façade en moellons de calcaire soigneusement assisés et pignon de moellons de grès, avec harpes d'angle. Baies rect. Bâtière d'éternit à croupettes et épis.
A l'O. de l'ensemble, et précédée d'une cour d'honneur animée d'une fontaine et clôturée, à l'E., par des grilles (XIXe s.), re
des ailes. Fronton triangulaire percé d'un oeil-de-boeuf ovale à quatre larges clés. Baies jadis à croisée, à appui abaissé, aux deux niveaux inférieurs, jadis à meneau au troisième niveau. Porte en plein cintre à clé sculptée dans un encadrement rect., surmonté d'un panneau décoratif de briques et calcaire formant l'allège du premier étage. Corniche moulurée de calcaire sur bandeau. Trous de boulin.
Haute toiture d'ardoises à la Mansart, sommée d'épis; brisis percé de deux niveaux de lucarnes : au niveau inférieur, à fronton et ailerons (au S.-E.) ou à croupe (au N.O.), du XVIIIe s.; au niveau supérieur, lucarnes ovales du XIXe s.
Les deux ailes perpend. légèrement plus basses, de maçonnerie identique à celle du corps principal. A dr., à l'E., aile du Pater (3), de deux niveaux de cinq travées sur la cour d'honneur; fenêtres comme au logis principal et porte axiale précédée d'un perron identique à celui de la façade principale. Porte rect. masquée par la végétation, dans un encadrement de calcaire mouluré, avec imposte à refends et linteau en tas-de-charge. Pilastre toscan à refends à l'angle. Mur-pignon aveugle, à l'exception d'une baie rect. dans les combles, cantonné de harpes d'angle et rythmé par des bandeaux horizontaux de calcaire. Trous de boulin sous la croupette. Façade N.-E. écrasée par le jardin en fort surplomb; r.d.ch. en moellons de calcaire réglés (vestige d'une construction antérieure?), étage de briques. Au r.d.ch., six travées de baies à croisée, à piédroits monolithes, la troisième aménagée en porte. A l'étage, baies privées de leur croisée et rehaussées. Trous de boulin, sous la corniche, identique à celle de l'autre face. Au N.-0., vers le jardin, aile en saillie d'une travée sur deux niveaux; pignon cantonné de harpes d'angle, éclairé de deux travées sur trois niveaux de hauteur décroissante. Baies comme au logis. Bâtière d'ardoises à croupettes et coyaux, piquée de lucarnes, à fronton vers la cour, à croupe vers l'arrière. Aile symétrique à g. de la cour d'honneur, dite aile de l'abbesse (4). Disposition analogue à celle de l'aile du Pater, sur la cour et au pignon (celui-ci avec une porte rect. à belle menuiserie dans le haut soubassement en moyen appareil calcaire). Façade S.-0., vers la cour d'Espagne, sur le même haut soubassement percé d'une porte à linteau échancré et clé et petits jours de cave rect. Harpes d'angle. Deux niveaux de douze travées, les trois premières au r.d.ch. laissant place à l'aile du cloître. Fenêtres à linteau en tas-de-charge et piédroits à refends; appuis prolongés en bandeau. Trous de boulin et corniche comme aux autres façades. Vers le jardin, saillie d'une travée et disposition similaire à celle de l'aile du Pater. Bâtière d'ardoises à croupettes et coyaux, piquée de lucarnes comme à l'aile du Pater.
Cave couverte de voûtes d'arêtes datée 1740, sous l'aile de l'abbesse, et grande cave à deux galeries de quatre travées, couverte de voûtes d'ogives sur colonnes cylindriques de calcaire, sous le vestibule. Nombreux décors intérieurs du XVIIIe s. comprenant portes, boiseries, cheminées, plafonds, plusieurs fontaines, escalier monumental en ferronnerie, chambre de l'abbesse avec cheminée de boiserie et de stuc, aux armes de Lutgarde de Boileau, et cabinet de l'abbesse, entièrement lambrissé, avec plafond de stuc aux armes de Barbe de Senzeilles-Soumagne (1786- 1795).
Au S.-0. du logis abbatial, seconde cour, dite cour d'Espagne, bordée de bâtiments sur trois côtés; au centre bassin octogonal de calcaire, daté 1671, aux armes de l'abbesse Marie de Hemricourt. Au N.-E., aile de l'abbesse, décrite ci-dessus. Au N.-0., aile du cloître (5) (1646) en ligne brisée formée d'une galerie toscane, primitivement de quatorze travées en plein cintre, la troisième et la quatrième aujourd'hui réunies en arc surbaissé. Architecture similaire à celle de la maison des hôtes : mur-bahut, colonnettes à fût monolithe, arcades de briques à clé calcaire. Arcades aujourd'hui vitrées. Etage bas percé de petits jours carrés chaînés; linteau et appuis prolongés en bandeau. A la neuvième travée, jour remplacé par une dalle aux armes et initiales de l'abbesse Nicole de Waha, avec la date 1646. Ancres à double volute. Façade arrière dénaturée par les constructions du XXe s. Bâtière d'ardoises à coyaux; ressaut à demi croupe à la jonction avec le logis abbatial, à l'O.
Au S.-0., aile dite de St-Michel (6), du nom d'une statue ornant naguère la façade. Bâtiments anciens, entièrement réaménagés en 1751 sous l'abbatiat de Lutgarde de Boileau, et transformées encore aux XIXe et XXe s.
Façade principale N.-E., sur la cour, en briques badigeonnées et calcaire, sur soubassement bas de calcaire de deux niveaux de hauteur décroissante de dix travées. Les deux travées centrales en légère saillie, cantonnées de pilastres toscans à refends, et couronnés d'un fronton, avec dalle aux armes de l'abbesse de Boileau et le millésime 1751. Au r.d.ch., large porte ébrasée en plein cintre, à clé rocaille, dans un panneau rect. saillant, aux angles coupés formés de pilastres toscans. Entablement mouluré supportant jadis la statue de saint Michel. Fenêtres à linteau en tas-de-charge, piédroits à refends et appuis prolongés en bandeau. En deuxième travée, porte à linteau en tas-de-charge, écorné et piédroits à refends. Pignon de trois travées sur trois niveaux de hauteur décroissante. Fenêtres comme à la façade principale, la baie axiale du premier étage plus large, et celle du deuxième rect. Pilastres toscans à refends aux angles.
Façade arrière, au S.-0., conservant à l'étage des baies rect. (fin du XVIIIe ou début du XIXe s.) aux appuis prolongés en bandeau. Rez-de-chaussée, masqué par une malencontreuse annexe du XXe s., en moellons de grès, conservant des vestiges d'arcades en plein cintre, peut-être vestiges du cloître primitif (XIlle s.). Arc en tiers-point doublé d'un tore, donnant sur la salle capitulaire du XVIIIe s., de trois galeries de trois travées, à voûtes de plâtras retombant sur des piliers de calcaire panneautés, de section carrée, à large base. A l'extrémité E., salle voûtée (XVIIIe s.), à unique colonne centrale de calcaire, dont la base et le chapiteau actuels sont deux chapiteaux identiques à feuillage (XIIIe s.?). Dans le mur extérieur, pierre tombale d'Albertine de Geloes (1725). Bâtière d'ardoises à croupettes et coyaux, piquée de lucarnes en bâtière à ailerons vers la cour d'Espagne, de grandes lucarnes passantes à l'arrière. A l'O., chapelle néo-romane (1932-1934) (7).
Dans le jardin faisant suite au logis abbatial, dans l'axe du logis, charmante gloriette (8) (1742) en cul-de-four, à voûte peinte de plâtras, pourvue d'un beau banc de menuiserie. Ouverture chantournée, avec clé en palmette, entre deux pilastres panneautés de calcaire. Couverture d'ardoises. Girouette ajourée, portant la date 1742. Aménagée dans le mur de clôture, dont les extrémités reviennent en courbe vers le logis et sont pourvues de passages flanqués de piliers de calcaire sommés de pommes.
Près de l'angle N. du logis, petit • pavillon octogonal (9) de briques (2° tiers du XIXe s.) aux angles marqués par des pilastres toscans. Entrée au S. surmontée d'un fronton, et flanquée, sur les faces voisines, d'oculi ovales. Poivrière octogonale d'ardoises, à égout, terminée par un épi de ferronnerie.
Au N., mur de clôture du jardin jadis percé d'une porte rect. surmontée d'une potale (10) à linteau et appui chantournés portant les chronogrammes : "IHS / MarIa Vlrgo / hVIVs VaLLIs aDVoCata", et "VoVs qVl par ICI passez /La Mere De IesVs saLVez/ d.i.b.c" (1729).
Aujourd'hui isolé, à l'E. de la cour d'Espagne, superbe colombier, élevé en 1633 sous l'abbatiat de Nicole de Waha. Construction de plan carré, en briques et calcaire cantonnée de chaînages d'angle, de trois niveaux. R.d.ch. divisé en deux parties selon un axe S.-O.-N.-E. et ouvert sur trois côtés (à l'exception du N.-0.) par deux arcades en plein cintre sur colonnes toscanes, semblables à celles du cloître ou de la maison des hôtes. La partie S.-E. formant embarcadère dominait jadis un large vivier, alimenté par la Méhaigne. A la partie supérieure, au S.-E., deux niveaux de petites baies à queues de pierre, aux appuis et linteaux prolongés en bandeau, séparées à chaque niveau par une large entrée de colombier avec aire d'envol sur consoles moulurées. Etages aveugles au S.-0. et N.- E.; au N.-0., r.d.ch. masqué par un appentis jadis percé de deux baies harpées (début du XVIIIe s.?), et ouvert au premier étage par une baie déchargée, murée. Deux bandeaux saillants faisant le tour de l'édifice, au-dessus des arcades et sous l'entrée de colombier du troisième niveau. Ancres à double volute. Corniche de calcaire en doucine et cavet sur consoles profilées. Pavillon d'ardoises supportant un clocher octogonal à bulbe, terminé par un épi de ferronnerie.
Au bout d'une allée partant du jardin, bief de la Méhaigne franchi par un petit pont (12) à deux arches en plein cintre, bordé de deux parapets en moellons de calcaire (XVIe s.?). Accès fermé sur la rive g. par une grille entre deux beaux piliers de moyen appareil calcaire, surmontés de pommes à quatre faces.
Un autre pont en moellons de calcaire (1699) franchit la Méhaigne, en amont à l'O. de l'abbaye : en léger dos-d'âne, bordé d'un parapet, sur une arche unique en plein cintre, et renforcé de deux contreforts à la culée, en aval. Restauré en 1984; une dalle aux armoiries de l'abbesse Lutgarde de La Rivière et millésime 1699 du côté aval, déplacée (LXXVIII, fig. 790, 791, 792, 793).
J.C.

Prospection

Prospection effectuée en 1992

Code de la fiche

61072-INV-0127-01

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