Chronique de l'Archéologie wallonne - 25

Toutes périodes Chronique de l'Archéologie wallonne 200 Enbordde Sambre, unmur aumortier grisâtre, épais et au soin indéniable, appartient à un édifice public ou une habitation de standing, établie à l'arrière du Marché aux Poissons et qui reste à identifier. Les parcelles comprises en aval de cette construction sont réunies au Bas Moyen Âge, de manière à former une grande propriété (12). Le vaste bâtiment qu'elle accueille témoigne également d'une architecture de qualité, qui semble accorder beaucoup d'importance au fait de disposer de volumes de stockage conséquents en sous-sol, probablement accessibles depuis les quais. Tout porte à reconnaître là le refuge de l'abbaye de Malonne, cité dès 1419 puis très bien documenté par les fonds d'archives (Jacquet & Jacquet-Ladrier, 1995, p. 238). Fortifications et porte de Grognon À l'approche du confluent, un large mur oblique (13), renforcé d'un contrefort de plan carré, opère nettement la séparation entre le foisonnement des constructions intra-muros et les graviers fluviatiles extra-muros. Cette muraille, bâtie au-devant des courtines médiévales, participe au dispositif de la porte de Grognon, porte de rivage reconstruite de 1599 à 1602 (Borgnet, 1851-1859, p. 123-126). À l'exception des aménagements modernes développés à ses pieds (Plumier et al. , 1997, p. 193-194), la porte de Grognon a échappé aux recherches archéo- logiques effectuées jusqu'à présent ; elle constituera par contre l'une des problématiques majeures de l'opération d'archéologie préventive à venir. Le quartier des Temps modernes C'est sans surprise à l'habitat des Temps modernes, particulièrement dense et serré, que se rattache la plus grande majorité des structures rencontrées dans le cadre des suivis de chantier en 2016. Leur étude consti- tue un complément indéniable aux données issues des plans anciens et des fonds d'archives (Archives de l'État à Namur : dépouillement E. Bodart). Une propriété remarquable se déploie directement à l'arrière du rempart moderne : la maison et hostellerie du Faisan (14). L'immeuble connaît demultiples phases de construction, difficiles à démêler dans le cadre contraignant des tranchées. À la première phase recon- nue appartient notamment un mur pignon, auquel s'adosse une cheminée à contrecœur, caractéristique du 16 e ou du début du 17 e siècle. En 1743, le Magistrat impose un réalignement de la façade, le long de la rue de Grognon. Mais les propriétaires ont visiblement choisi de procéder à la reconstruction presque totale de leur hôtel particulier. Ce sont vraisemblablement les travaux consentis au port, à partir de 1847, qui incitent à une nouvelle augmentation de la maison, qui gagne alors l'espace de ses anciennes cours et dépendances. L'ancien Hostel de Malonne attenant, qui porte désormais « La Nave » pour enseigne, subit également d'importantes transformations (12). Sur la recomman- dation des ouvriers assermentés de la Ville, énoncée en janvier 1626, ses sous-sols sont couverts d'un réseau complexe de voûtes en pierre, berceaux et demi- berceaux s'appuyant les uns contre les autres, au départ des maçonneries antérieures. En remontant davantage encore la rue de Grognon, c'est une série de sept maisons (15) qui s'étire jusqu'au pont. Leurs caves juxtaposées ont été recoupées, au fil de la tranchée. Maisons mitoyennes, elles s'étendaient entre la rue et le bord de Sambre. Au Pied-du-Château, l'habitat des Temps modernes était également dense et serré le long de l'ancienne Petite Non Ruelle (Jacques, 1980, p. 143, 154-155 ; Bodart, 2014, p. 55-56, 59). Du fait de l'arasement À l'approche du confluent, une portion de courtine oblique participe au dispositif de la nouvelle porte de Grognon, construite en 1599-1602 (13).

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