Chronique de l'Archéologie wallonne - 25

Namur Toutes périodes 203 Lambert : 165675 est/85175 nord) fait l'objet depuis maintenant 12 ans de campagnes de fouilles conduites par l'asbl Forges Saint-Roch, en collaboration avec le CReA-Patrimoine de l'ULB. Les fouilles s'effectuent sous l'égide de la Direction de l'archéologie (DGO4 / Département du patrimoine). La fortification est localisée sur un promontoire rocheux appartenant au massif calcaire dévonien de la Calestienne, qui s'étend de sud-est en nord-ouest dans les provinces de Namur et de Hainaut. Le promon- toire du « Plateau des Cinques » est contourné par une boucle du Viroin qui s'écoule une septantaine de mètres plus bas. Deux dispositifs de fortification recti- lignes, flanqués de fossés, orientés nord/sud, parallèles et espacés d'environ 220 m, sont toujours très visibles sur le plateau. Le rempart oriental s'étend sur une longueur de près de 80 m et le rempart occidental sur 170 m. Les portes sont situées en leur milieu. D'autres structures sont encore apparentes : des cavités entou- rées par une couronne de blocs de pierre et des tertres de pierres appelés marchets. La plupart des structures encore apparentes appar- tiennent à la phase finale du Second Âge du Fer, dans une fourchette se situant approximativement, d'après les datations par radiocarbone, entre 200 av. J.-C. et le changement d'ère. La campagne 2016 a porté sur l'investigation de l'extrémité sud du rempart laténien oriental, sur la compréhension des phases du dispositif d'entrée de sa porte et sur la fouille du fossé et de la tranchée palissa- dée néolithiques. Le rempart au niveau de l'entrée orientale Un poteau dégagé lors d'un sondage de la campagne 2015 avait justifié la recherche d'une troisième série de pieux, comme à la porte occidentale. La découverte d'une poutraison dans la charge du rempart a modifié le cours de la fouille pour procéder à son dégagement. Au moins deux lits de longrines et un lit de traverses ont été repérés dans la partie de rempart qui recouvre encore un éventuel second couloir de la porte, s'il s'avère exact qu'une troisième rangée de poteaux existe dans l'alignement de celui découvert en 2015 (Pleuger, Martin & Warmenbol, 2016). La fouille de 2017 permettra de confirmer ou infirmer cette hypothèse. Les différents lits se chevauchent. Du lit inférieur de longrines n'a été observée qu'une seule poutre en partie calcinée tandis que le lit supérieur en contenait au moins trois, distantes de 1,20 m. Le lit des traverses repéré était, quant à lui, constitué de trois éléments distants de 0,40 m et de 1 m. Aucune fiche n'a été recueillie dans la fouille. Les poutres ont vraisemblablement été superposées sans clouage. Ce type de mise en œuvre de massif défensif, attribuable au type « Erhang » (Fichtl, 2005, p. 49-50), est également attesté sur le rempart occidental. Le nombre réduit de fiches rencontrées dans la poutraison horizontale des remparts oriental et occi- dental renforce l'idée que ces fixations servaient uniquement lors de la construction afin d'assurer la stabilité de l'ensemble, à quelques endroits seule- ment, pour permettre le remplissage du rempart. Le glissement l'une sur l'autre des poutres laissées libres permettait une meilleure résistance aux éventuels coups de bélier. L'extrémité sud du rempart oriental Le sondage ouvert en 2005 par les Forges Saint-Roch et le CReA-Patrimoine sur l'extrémité sud du rempart oriental a été repris afin de mieux comprendre la confi- guration des structures dans cette zone. Une tranchée d'environ 5 m de large sur 52 m de long, orientée ouest/est, a ouvert le rempart jusqu'à la falaise. Dans la partie est de cette tranchée, à l'avant de la levée, le fossé n'est matérialisé que par une dépression peu profonde d'environ 10 m de largeur (6). Le rempart, constitué de pierres calcaires et de sédiments, est large d'environ 12,80 m. L'arrière-rempart, quant à lui, n'a donné que peu d'indices sur l'occupation de l'intérieur de la fortification. La fouille du rempart a révélé deux périodes de construction bien distinctes. La première phase (1) est constituée d'une levée de pierres et de terre brune, de 2,67 m de largeur et de 1,54 m de hauteur, limitée par deux parements compo- sés de blocs de pierre calcaire. Le parement externe (4) est conservé sur plusieurs assises incomplètes sur une hauteur d'environ 1 m, assises constituées de blocs plus ou moins équarris ou tout au moins sélectionnés. Le parement interne est composé de gros blocs de calcaire bruts assemblés sans grand soin. La seconde phase (2) est constituée d'une recharge qui s'étend de part et d'autre du rempart, composée de terre noire d'aspect goudronneux et de nombreux blocs calcaires blanchis vraisemblablement par une combustion du poutrage interne. Cette poutraison est matérialisée par l'emplacement d'au moins six longrines clairement observées lors du nettoyage du profil. Un alignement de blocs de pierre parallèle au parement de la première phase, à une quarantaine de centimètres de ce dernier, pourrait constituer le parement externe de la seconde phase (5). Une demi- couronne de blocs volumineux ceint la limite sud du rempart au bord de la falaise.

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