Chronique de l'Archéologie wallonne - 25

Toutes périodes Chronique de l'Archéologie wallonne 204 Le noyau du rempart repose sur un remblai de terre sableuse de couleur orangée très chargée en oxyde de fer, déjà repéré lors de notre campagne en 2004 (3). L'examen pédologique des poches humifères sous le rempart, mené par Kai Fechner (2004), l'avait amené à suggérer qu'il s'agissait de tas de terre issus d'un raclage de l'ancienne surface . On pourrait songer à une phase du Michelsberg en relation avec la palissade et le fossé de cette période, dégagés en 2014 et 2015 à proximité immédiate. La datation des phases de construction et de recharge du rempart laténien est difficile à préciser, en raison de la faible quantité de matériel datant mis au jour dans la structure. On pourrait éventuellement suggérer que la phase la plus ancienne de la construction du rempart soit contemporaine du dépôt d'une monnaie dans l'un des trous de poteaux de l'entrée, vraisemblablement au cours de La Tène D1. Le potin « au personnage marchant », de type Scheers 191 et typique des années 120-100 avant notre ère, avait été découvert en 2015 sur l'interface de creusement de l'un des trous de poteaux de la porte orientale (Pleuger, Martin & Warmenbol, 2016). La seconde phase, de recharge, est datée entre 180 av. J.-C. et 10 apr. J.-C. (à 95,4 % de probabilité) par l'analyse radiocarbone d'un ossement animal prélevé dans la charge du rempart. Une calibration à 53,8 % de probabilité indique un écart de 120 à 40 av. J.-C., situé au cours des phases D1 à D2a de La Tène. Le fossé Michelsberg Le rempart oriental recouvre un fossé discontinu daté de la période du Michelsberg. Cette année, son extrémité sud a été repérée mais n'a pu être dégagée car les deux parements de la période laténienne le surplombent. En 2015, à la perpendiculaire de la porte laténienne, avait été repéré un autre tronçon. Étant donné la remise à l'horizontale parfaite du sol opérée lors de l'aménagement postérieur laténien et la difficulté de le différencier de la fracturation naturelle de la roche calcaire, le contour du tronçon du fossé a été difficilement repérable lors de la fouille. La reprise du dégagement de ce tronçon a nécessité la suppression de deux poteaux de la porte (zone 7, fait 7012 et fait 7026, voir Pleuger, Martin & Warmenbol, 2016, p. 305). La fouille de ce tronçon de fossé profond de 1,35 m et large de 1,45 m est toujours en cours. La vue d'en- semble de cette fortification à fossés discontinus restera nécessairement incomplète étant donné son tracé qui épouse à peu près parfaitement celui du rempart laté- nien, rendant impossible son investigation complète. Il est prévu toutefois qu'une tranchée ouverte en 2014 au travers du rempart laténien (zone 7, secteur 5) et interrompue pour des raisons de sécurité soit reprise en 2017, ce qui permettra peut-être de recouper un autre tronçon. Le fossé a livré du matériel lithique et du mobilier osseux animal. Une série de datations radiocarbones a pu être réalisée sur ces échantillons. Le premier, un andouiller de cervidé trouvé sur le fond, a livré une fourchette chronologique s'étendant entre 3940 et 3660 av. J.-C. (à 95,4 % de probabilité) (RICH- 23432-[7068/0002] : 4992 ± 37 BP). Le second, un fragment de matière osseuse animale provenant cette fois du comblement, a livré une date entre 3800 et 3640 av. J.-C. (à 95,4 % de probabilité) (RICH-23465- [7062/0005] : 4949 ± 39 BP). Fortification du « Plateau des Cinques » : profil nord de l'extrémité sud du rempart oriental avec les repérages des parements (4 et 5) et des longrines (carrés blancs).

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