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Localisation

Adresse principale : Rue du Rhénâ 5, GRACE-HOLLOGNE (Grâce-Berleur)
Hameau : Grâce

Notice

N° 5. Château et ferme de Grâce. Intéressant document de l'architecture
mosane et témoin de l'histoire de la principauté de Liège, le château se trouve dans un état de ruines lamentable. Siège d'une seigneurie laïque relevant en fief de la cour féodale de Trognée. le château appartint successivement pendant deux siècles, du XIIIe au XVIIe s., aux familles Boileau et Courte-joie. Selon Jacques de Hemricourt, au XVIIe s. existait déjà à Grâce une noble famille de Boileau. En 1436, Antoine de Boileau, dans l'énumération de ses biens mentionne une «thoure de piers» (n'y habite pas) mais a une «court, maison, tenure, jardin et assiese où eus il maint». Les derniers propriétaires depuis le début du XIXe s. sont les Fabribeckers.
Sis dans le vallon de Grâce-Berleur et dominé par les terrils de l'industrie charbonnière, le château profile sa haute silhouette, en contrebas de l'église paroissiale: l'ensemble (château, ferme et dépendances) s'inscrit en pente douce, étalant ses bâtiments clôturés par de hauts murs de briques. Vers la 1re moit. du XVIIe s., Remacle Le Loup restitue l'aménagement de ce complexe axé sur le château décrivant un quadrilatère ponctué de quatre tours d'angle circulaires et quadrangulaires chapeautées de lanternes et construit autour d'un noyau central du XIIIe s., consistant en un donjon de plan carré. Accès par un pont-levis à l'O. et deux ponts respectivement de deux et trois arches à l'E. et au N. Le château circonscrit de douves, autrefois alimentées par un ruisseau sourdant d'une fontaine publique, s'entourait à l'E. et à l'O. de jardins à la française, aménagés au mil. du XVIIe s. par le seigneur Maximilien-Henri de Courte-joie. L'état actuel de conservation des bâtiments du château est médiocre et toujours menacé. Au cours des siècles, l'espace des jardins fut peu à peu sacrifié aux impératifs pratiques de la vie agricole.
Le donjon occupant une position dominante dresse sa masse verticale de plus de 20 m de haut sur plan carré. Elévation de cinq niveaux, quatre en moellons de grès houiller, de deux travées cantonnées par une chaîne d'angle. Dernier haut niveau, en briques, délimité par un cordon mouluré et chaînage d'angle en calcaire. Façade S.E. ajourée de baies XVIIe s., partiellement remaniées, à traverse sur piédroits harpés et d'une simple. Porte aux montants et linteau à refends de style Louis XIII, du début du XVIIIe s. Partie supérieure présentant une ornementation riche de pierres sculptées encastrées dans la maçonnerie de briques, malheureusement mutilées.
Blasons centraux effacés, accostés de deux hommes d'armes, porteurs d'étendards surmontant un cartouche gravé: ILLVSTR SR ET DAME MESSIRE / LAMORAL BARON DE COVRTEIOYE SR DE GRACE / ET BERLEVR ET MADAME / ANNE MARI D'OENBRVGGHE / DE DVRAS CONIOINT ONT / FAIET REHAUVSSER SET TOVR / 1653. Inscription lapidaire commémorant le souvenir du bâtisseur du château, Messire Lamoral de Courtejoie, baron de Grâce-Berleur et de son épouse Anne-Marie d'Oenbrugge, de Duras, en 1653. Disposé de part et d'autre d'une baie murée à linteau droit déchargé, série de huit quartiers martelés probablement en 1794 lors du deuxième passage des troupes françaises sous Jourdan (selon Messieurs Yans et Ponthir). Blasons des familles Courtejoie et d'Oenbrugge figurant sur deux pierres tombales en marbre noir de Theux conservées dans la chapelle des fonts baptismaux de l'église paroissiale: Courtejoie, Bombaye, Brus de Loye et Darjo; Oyenbrugghe, Kethule, Corswaren et Lowenses. Rangées régulières de trous de boulin sur les quatre faces, cernés de calcaire. Bandeau plat sur denticules sous bouts d'entraits du beau pavillon, ardoisé, piqué d'une belle aigrette et interrompu par des lucarnes à croupe coiffées d'un épis de faîtage. Façade O. ornée, à sa partie supérieure, d'un cadran solaire (?), en tuffeau.
Divers bâtiments du XVIIe s. remaniés au XVIIIe s., tous limités par des chaînes d'angle, flanquent les autres faces du donjon.
Au N., édifice de trois niveaux, de deux travées en briques et calcaire, ajouré de grands soupiraux sur harpes, de hautes fenêtres à linteau droit frappé d'une clé saillante, du début du XVIIIe s. et de petites baies à traverse harpées, partiellement murées. Gorge de pierre sur modillons de calcaire. Bâtière d'ardoises à grande croupe, sommée d'un épis de faîtage et éclairée de lucarnes à penne. Au S., aile d'habitat, perpend., fortement délabrée, datant de la fin du XVIIe s. avec remaniements XVIIIe s. (baies à linteau en tas de charge sur montants à queues de pierre). Corniche moulurée sur modillons sous bâtière d'ardoises, à croupe et à coyaux. Pignon récent.
A l'O., deux tours d'angle et de plan carré, robustes, en briques et calcaire, sont de deux niveaux ajourés de baies partiellement et entièrement murées, à traverse et piédroits harpés du XVIIe s., de hautes baies à linteau droit de la fin XVIIIe s., dont certains frappés d'une clé passante et saillante. En 1768, à l'E., deux tours circulaires s'écroulèrent. Construction sous appentis de trois niveaux d'une travée. Porte aux jambages harpés surmontée d'une porte-fenêtre à linteau droit frappé d'une clé passante et saillante, précédée d'un petit garde-corps. Petites baies sous bandeau plat. Murs latéraux jointifs aux tours, en retrait, soulignés d'une part par trois bandeaux plats et ajourés d'autre part par une baie à linteau en tas de charge et d'une autre à traverse à linteau déchargé. Trace de corbeaux.
Intérieur inaccessible. Actuellement le château sert de remise à la ferme.
Ferme du château constituée d'un long bâtiment composé du corps de logis, des étables et d'une grange donnant sur cour partiellement pavée. L'accès se fait par une porte jadis charretière encastrée dans le haut mur de clôture, côté rue du Rhéna. Piédroits harpés (harpes prolongées en bandeaux plats) accostés de chasse-roues.
A g., petite construction en briques et calcaire, de deux niveaux de trois travées, chaînée aux angles. Mur-pignon ouvert de porte et de baies à linteau droit et harpées. Corps de logis en double corps, fortement remanié, en briques et calcaire, de deux niveaux de trois travées. Petit soubassement à une assise régulière de calcaire. Bâtière de tuiles.
Etables ajourées de portes et baies récentes à l'exception d'une porte à linteau courbe, déchargé par un double rouleau de briques, sur piédroits harpés. Grange ouverte d'une porte charretière portant la trace d'un départ de jambage harpé et flanquée de chasse-roues. Prolongement de la grange au-delà du mur de clôture présentant un pignon débordant éclairé de jours verticaux. Près du muret des anciennes douves et devant le corps de logis de la ferme, pierre semi-cylindrique de un mètre de haut couronnée d'une moulure et sculptée sur toute sa surface des armoiries d'Erard de la Marck, sommées du chapeau de cardinal (fig. 270, 271 et 272).

M. YANS et M. PONTHIR, La seigneurie laïque de Grâce-Berleur, dans B.I.A.L., t. 72, 1957-58, p. 5-266. M.-A. R. [577]

Prospection

Prospection effectuée en 1980

Publication papier 

Tome : IPM - 8/1 (1980)

Page(s) :

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Code de la fiche

62118-INV-0020-01

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